vendredi 9 mars 2012

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Mélodie à l'envers,
puis il part,
se retranche à nouveau,
se remplit de force.

mercredi 7 mars 2012

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il n'y a pas de morts-vivants, de prisonniers d'une fatalité qu'ils ne fabriquent comme un mur autour d'eux.
il n'y a pas de peine qu'on ne puisse transformer en force.
il n'y a pas d'absence d'espoir, mais construire toujours et encore.
juste le courage au jour le jour de ne pas être lâche.

mardi 6 mars 2012

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J’habite une très grande maison mais ce que je préfère, c’est le grenier.
Il est vaste et surtout, on peut y vivre plein d’expériences particulières.

Quand il fait beau et que le soleil est de la partie, le toit s’ouvre par le milieu comme la corolle d’une fleur, le plancher s’élève et devient terrasse.
Je regarde alors les alentours et prends parfois des bains de soleil.

Quand il pleut, le toit devient transparent et les gouttes me foncent dessus comme des milliers de projectiles. Je n’ai pas peur puisqu’ils s’écrasent sur le verre.
Après tout devient flou. Je ne vois plus que des taches grises, bleues et blanches.

Quand je veux qu’il fasse tout noir, je referme le toit, les fenêtres. Le grenier devient sombre et je joue au jeu de me rappeler ce qu’il y avait dans la pièce. Je fais l’aveugle à quatre pattes.

Mais, peu à peu, les trous dans le plancher, les murs laissent passer des faisceaux de lumière et c’est comme si je découvrais l’espace intersidéral.

lundi 5 mars 2012

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Il arpente les rues d’Oslo. Ce matin, il a essayé de se noyer sans y parvenir. Il étouffait. Le corps a repris ses droits. Après, il a discuté longuement avec son ancien meilleur ami, de la vie, de leurs désillusions. Il a été à un entretien professionnel, il attendait qu’on le piège et comme le moment ne venait pas assez vite, il s’est piégé lui-même. Ensuite, il a croisé d’autres relations qui le regardaient avec effroi sauf un. Il a acheté une dose, elle est dans sa poche, ça le rassure. Il a traîné avec une ancienne connaissance et ses deux copines. Il serait presque tombé amoureux mais  il n’en a pas envie. Au petit matin, il a retrouvé la maison familiale vide. Il s’est mis au piano avec dextérité : il a retrouvé la vie d’avant. Puis il a accroché sur une note, il a repris puis sur un accord. Il s’est interrompu, est allé dans une chambre et est mort là, la seringue encore dans le bras.
Demain, il fait jour.

à propos d'"Oslo, 31 août".

dimanche 4 mars 2012

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Le chacal suivait le groupe à distance. Il guettait l’instant propice. Un d’eux prenait des photos du paysage tandis que son acolyte marmonnait des jurons. Le dernier traînait et se retournait brusquement pour chasser l’animal. Celui-ci s’était laissé avoir deux ou trois fois puis ne bronchait plus, se contentant de le fixer longuement tout en ralentissant le rythme.
Une mascotte en quelque sorte qui disparaissait puis se replaçait tout aussi soudainement dans votre ombre. Par habitude, le groupe s’efforçait d’avancer l’heure du départ. Mais le chacal était malin et retrouvait vite leurs traces. Quand ils arrivèrent à l’orée de la ville, il partit en sens inverse. Ils crurent à une ruse mais il ne réapparut pas le lendemain, ni les jours suivants. Ils se firent à l’idée.

samedi 3 mars 2012

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Il croit qu’il va se lever fatiguer. Il change de côté pour gagner quelques minutes. Il écoute les bruits dehors qui l’empêchent de retrouver le sommeil. Il peste contre ses insomnies qui l’obligent à faire des siestes vers sept heures du soir, du vin qui l’éteint après le repas, de sa vie lente et ennuyeuse. De cette régularité qui ne mène à rien, à la mort qui arrêtera la monotonie. Il cherche l’odeur fraîche du matin, il ouvre la fenêtre. Le brouillard cache le fleuve plus bas mais il sent les relents marins. Il inhale longtemps ce parfum, un sourire se dessine peu à peu sur son visage creusé.

jeudi 1 mars 2012

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Ils ont renoncé avant-hier à tailler la haie, l’odeur était si forte avec la chaleur de la fin du jour. Ils sont restés là, contemplatifs. Ils ont ramassé les outils, partagé quelques mots, reculant le départ.
Le square fermé la nuit concentrait l’odeur plus acide encore. Les portes-fenêtres ouvertes jusqu’à la fraîcheur matinale.
Ils sont revenus hier et se sont attaqués aux herbes longues et jaunes. Elles sont toutes ratiboisées. On a peine à les imaginer  dans quelques semaines.
L’air embaumait encore.
Ce matin, il a bien fallu s’y mettre. Ils ont compensé en plantant de jeunes rameaux qui exhalent jeunes leur parfum à condition de s’approcher au plus près.